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Sur la magnifique face nord de la Lenzspitze (4'293 m)
Article de Pierre Vittoz de 1966 sur son escalade de la face nord de la Lenzspitze, en mars, avril ou mai 1966, La Lenzspitze (4'293 m) est l'un des pics de 4'000 m de la chaîne des Mischabel, entre Zermatt et Saas-Fee. Ils étaient venus à treize (Pierre Vittoz et son fils, Jean-Claude Berger et 10 jeunes apprentis grimpeurs du Club Rambert).
Au centre: la Lenzspitze Tout à droite: le Nadelhorn Source: CAS/SAC (0.56Mb).
À gauche: la Lenzspitze (4'293 m) À droite: le Nadelhorn (4'327 m) Source: CAS/SAC (0.30Mb).
Brumes et Contrastes (2e partie: Lenzspitze)
Par Pierre Vittoz, Lausanne Article paru en 1966 dans Die Alpen/ Les Alpes, le journal du Club Alpin Suisse. Source: SAC/CAS. Ci-dessous, le texte français original. Copie de sûreté: 28 avril 2025. Plus bas, le texte traduit du français en allemand. Brumes et Contrastes (2e partie) Lenzspitze À Saas Fee, le ciel et les augures sont défavorables. Et il a neigé trois fois durant la semaine. Nous envisageons de nous rabattre sur le Jägigrat ou les Hörnlini. Mais le souvenir de notre chance inouïe de dimanche dernier [au Salbitschijen, cf "Brumes et Contrastes", partie 1] nous décide à monter à la cabane des Mischabel. Berger et moi formons l'arrière-garde (!?) du Club Rambert des Unions chrétiennes lausannoises: je leur ai promis la Lenzspitze, et il faut bien les [y conduire]! Triste lever du jour: il y a des nuages dessus, dessous et autour de nous, et je suis si dépité que j'en ai le souffle épais. On a de la chance si on arrive au Nadelhorn par le chemin ordinaire, grogne quelqu'un. Et je dois être en caserne à 19 heures, gémit un autre. Arrivés au glacier, six d'entre nous se décident en effet pour le Nadelhorn, et nous restons sept pour essayer la traversée de la Lenzspitze. L'arête est que nous visons, enneigée, hostile, est rendue prodigieusement effilée par l'immense pente de la face nord qui, d'un coup, sans le moindre détail où s' accrocherait l'oeil, tombe de son faîte au glacier horizontal.
From left to right: Dirruhorn (4'035 m), Hobärghorn (4'218 m), Nadelhorn (4'327 m), Lenzspitze (4'293 m), Dom (4'546 m), Taeschhorn (4'491 m) and Alphubel (4'206 m) . Source: PeakVisor (0.36Mb). Il fait anormalement chaud quand j'attaque sans conviction le dos blanc qui mène au Grand Gendarme. Mais, surprise: la neige est ferme sous la semelle et sous le manche du piolet. Encore quelques pas et je me rends compte que les conditions de neige sont parfaites. Les nuages nous accorderont-ils une demi-journée de grâce? Qui a des vis à glace? J'en ai deux! J'en ai trois... Ils en ont onze, les farceurs. Ce n'est pas prudent de laisser des jeunes gens se promener avec de pareils engins [puisqu'on peut se blesser avec ces pointes, ou les utiliser comme armes]. [Quoi qu'il en soit,] un coup d'oeil pour les passer en revue me rappelle qu'ils sont tous solides et entraînés. On essaie la face? De la voix, du piolet, en une seconde c'est décidé. Nous descendons en biais à droite, et bientôt nous sommes sous la rimaye [crevasse entre glacier et rocher]. La face nord de la Lenzspitze! Celle-là, il y a juste vingt-deux ans que je la convoite, depuis le jour où, au sommet de l'Ulrichshorn, elle m'a frappé comme un coup de poing.
À gauche: la face nord de la Lenzspitze À droite: le Nadelhorn Source: CAS/SAC (0.56Mb). Maintenant je la détaille de tout près, j'en déguste la glace à l'avance... Elle monte d'un seul jet fascinant jusqu'à l'arête presque horizontale qui relie la Lenzspitze au Nadelhorn. Cordes et crampons sortent des sacs. Berger et moi encadrons mon fils Otpal, qui n'osait rêver d'une pareille fête pour ses treize ans. Les autres suivront deux par deux. Deux Soleurois se collent à nous, juste revanche du Salbitschijen de dimanche passé [quand deux Schwytzois ont servi de guides à PV et Jean-Claude Berger]. Mais eux, qui sont casqués et emmitouflés, quand ils me voient tête, mains et jambes nues, ils ont l'air de douter de la sagesse de leur choix... La rimaye se franchit sans un coup de piolet, tout à gauche sous une écharpe de dalles accrochée à l'arête est. Je ne veux pas de ces dalles, qui ont donné à la face le surnom de paroi des trois ânes, du fait que les trois participants à la première ascension les ont suivies et y ont perdu un temps fou. Je reviens donc à droite entre le rimaye et le pied des rochers, en posant une ou deux vis moitié à cause de la forte pente, moitié pour affirmer que nous allons aujourd'hui grimper tranquillement et soigneusement. Au détour du rocher, nous sommes à peu près à l'aplomb du sommet, qui nous domine de cinq cents mètres. Sous le ciel de plomb, la paroi austère, légèrement concave, semble entièrement glacée. A son côté la face rocheuse et croulante du Nadelhorn, où traîne la brume, est tout aussi triste. Pour combien d'heures sommes-nous engagés là-dedans? Et comment en sortir si les nuages du Weissmies nous amènent l'orage? Mais la neige est excellente. Un petit coup de pied, parfois deux, font une bonne marche. Je monte tout droit, comme sur une échelle inclinée à 50 degrés. Après trente mètres, je plante le piolet jusqu'à la tête, et les deux suivants montent ensemble. Otpal me passe son piolet et je continue. Deux fois. Cinq fois. Par un interstice entre deux bancs de nuages, le soleil fait une bande brillante au travers de la face. La bande s'élargit et illumine le sommet. Encore deux longueurs. Le soleil est descendu lentement à notre rencontre. Il nous enveloppe les uns après les autres, échelonnés que nous sommes sur la pente. Les sourires fleurissent, les exclamations de joie fusent. La couche de neige s'est amincie. Pour l'assurage, le piolet a fait place à la vis à glace. Perché sur la plus haute marche, face au vide, je tire lentement la corde qui passe dans un mousqueton derrière moi, et je savoure l'ascension. Les quatre cordées montent méthodiquement à la gigantesque échelle. Le soleil a tout envahi, tout humanisé. La montagne s'est ouverte à nous. À chaque longueur de corde, la face concave semble pourtant s'agrandir; elle est plus large, plus raide qu'elle n'apparaissait de la rimaye. Mais le ciel, la neige et notre allure promettent la réussite. Mon espoir monte avec mes yeux fascinés au long de la pente unie jusqu'aux festons des arêtes neigeuses. Berger prend la tête. Il monte à quatre pattes, tenant d'une main son petit piolet et de l'autre une sorte de dague qu'il a trouvée et qu'il plante d'un coup de poing dans la glace sous-jacente. Derrière, l'ascension est de tout repos et pas moins belle. La neige ne forme plus que de longues bandes étroites et verticales sur la glace vive. Quand celle que nous suivons lui semble trop mince, Jean-Claude taille quelques pas à droite pour rejoindre la bande de neige voisine. Plus haut, il revient à gauche, puis il essaie d'autres rubans de neige, en ponctuant chaque longueur d'une vis à glace. Ça va, les derniers? Superbe... Toute sécurité... Jamais fait une si belle course de glace. La pente s'accentue. Elle mesure 55 degrés, et du plus raide nous attend. La seconde cordée prend le relais et mène bon train. Mais les rubans de neige s'amenuisent et ne collent plus bien à la glace. Encore une longueur sur les pointes des crampons: ça ne va plus, il faut se résoudre à tout tailler. Avec des mots flatteurs sur mon expérience, chacun s'efface poliment devant moi... Et en avant du piolet. Pour que les marches ne s'effritent pas sous les crampons d'une pareille troupe, il faut les tailler profondes. La glace est franche, très dure, et je dois taper à grands coups. Je monte tout droit par économie, mais on me fait bientôt comprendre qu'on n'apprécie guère les éclats de glace qui ricochent sur les casques ou sur les nez. Nous sommes à cinq longueurs du faîte, quatre peut-être. Je pars en biais, en espaçant les marches au maximum. Aux relais je me retourne pour rire des contorsions de ces huit gars qui passent à grand ahan d'une marche à l'autre. Leurs commentaires ne manquent pas: Tu oublies que les chemins de fer de montagne ont voie étroite... C'est le modèle avant l'écartèlement! Des écharpes de brume flottent autour de la face. En perspective oblique sur la pente qui atteint ici 60 degrés, les quatre cordées sont minuscules dans la blanche immensité et sur le vide fantastique et vaporeux. Un rêve de glace! Enfin je me redresse sur l'arête, un peu à droite du point culminant. Mon fils me rejoint avec un sourire encore plus grand que le mien. La journée n'est pas finie. Le brouillard va se refermer sur nous au sommet. Nous allons lutter contre le vent sur l'arête de neige du Nadeljoch, lutter contre la fatigue sur les gendarmes enneigés qui mènent au Nadelhorn, lutter contre l'énervement dans la longue descente du Windjoch. Mais pour moi la course s'achève là où, en souriant, nous sommes sortis de la face en plein ciel.
Ajouté 11 sept 2025 Modifié 21 sept 2025
Nebel und Kontraste (2er Teil: Lenzspitze)
Par Pierre Vittoz, Lausanne Article paru en 1966 dans Die Alpen/ Les Alpes, le journal du Club Alpin Suisse. Source: SAC/CAS. Ci-dessous, le texte traduit du français en allemand. Lenzspitze In Saas Fee sind der Himmel und die Aussichten bedenklich, und es hat dreimal während der Woche geschneit. Wir wollen uns auf den Jägigrat oder die Hörnlini beschränken. Aber die Erinnerung an das unerhörte Glück des letzten Sonntags veranlasst uns, zur Mischabelhütte aufzusteigen. Berger und ich bilden die Nachhut des Club Rambert des Unions chrétiennes lausannoises: ich habe ihnen die Lenzspitze versprochen, und es ist wirklich nötig, sie zu begleiten! Trüber Tagesanbruch, Wolken über, unter und um uns, und ich bin so enttäuscht, dass es mir schier den Atem nimmt. - « Wir haben Glück, wenn wir auf dem normalen Weg das Nadelhorn erreichen », brummt einer. - « Und ich muss um 19 Uhr in der Kaserne sein », stöhnt ein anderer. Auf dem Gletscher angelangt, entscheiden sich sechs unter uns tatsächlich für das Nadelborn, und wir bleiben unser sieben, um die Überschreitung der Lenzspitze zu versuchen. Der Grat ist, wie wir sehen, verschneit, unnahbar, erweist sich als ausgesprochen gewaltig zugespitzt durch die grossartige Flanke der Nordwand, welche in einem Schwung, ohne dem Auge den geringsten Haltepunkt zu geben, vom Gratfirst auf den ebenen Gletscher abfällt. Es ist übermässig warm, während ich ohne Überzeugung den weissen Rücken, welcher zum Grossen Gendarmen hinaufführt, angreife. Aber welche Überraschung! Der Schnee ist tragfähig unter den Füssen und dem Pickel. Noch einige Schritte, und ich bin überzeugt, dass die Schneeverhältnisse vorzüglich sind. Ob uns wohl der Himmel noch für einen halben Tag günstig gesinnt sein wird? -Wer hat Eisschrauben? -Ich habe zwei! -Ich habe drei... Sie haben im ganzen elf, die lustigen Gesellen. Es ist nicht vorsichtig, die jungen Leute mit solchen Werkzeugen losziehen zu lassen. Wenn ich sie aber mit einem Blick überprüfe, so muss ich sagen, dass sie alle zuverlässig und trainiert sind. -Wollen wir uns an die Wand wagen? In einer Sekunde ist es entschieden. Wir steigen schräg nach rechts hinunter, und bald sind wir unter dem Bergschrund. Die Nordwand der Lenzspitze! Seit genau zweiundzwanzig Jahren möchte ich sie bezwingen, seit dem Tag, wo sie mich vom Gipfel des Ulrichshorns aus schlagartig beeindruckt hat. Jetzt mustere ich sie von oben bis unten, aus nächster Nähe, und koste das Eis zum voraus... Sie steigt in einem Satz, bezaubernd schön, bis zum fast horizontalen Grat, welcher die Lenzspitze mit dem Nadelhorn verbindet. Die Seile und Steigeisen werden aus den Säcken herausgeholt. Berger und ich reihen meinen Sohn Otpal zwischen uns ein, welcher nicht im Traume wagte, an ein solches Erlebnis mit seinen dreizehn Jahren zu denken. Die andern werden je zu zweien folgen. Zwei Solothurner schliessen sich uns an; eine gerechte Revanche für den Salbitschijen vom vergangenen Sonntag. Aber sie, die mit Helmen versehen und eingemummelt sind, erwecken den Eindruck, an ihrer Wahl zu zweifeln, als sie mich mit unbedecktem Kopf und nackten Armen und Beinen sehen. Der Bergschrund lässt sich ohne einen Pickelschlag überschreiten, ganz links unter einem Band, welches sich zum Ostgrat hinzieht. Ich will nichts von diesen Platten wissen, die der Flanke den Übernamen « Dreiesels-Wand » gegeben haben, weil die drei Teilnehmer der ersten Besteigung diesen Platten gefolgt sind und dort unglaublich viel Zeit verloren haben. Ich komme daher nach rechts zurück, zwischen den Bergschrund und den Fuss der Felsen, wo ich eine oder zwei Schrauben setze - einesteils wegen des steilen Hanges, anderseits um zu bekräftigen, dass wir heute ruhig und überlegt klettern wollen. Bei der Umgehung der Felsen sind wir beinahe in die Fallirne des Gipfels gelangt, welcher uns um fünfhundert Meter überragt. Unter dem bleiernen Himmel scheint die glatte, leicht konkave Wand vollständig vereist zu sein. Und seitlich davon erhebt sich die ebenso düstere, felsige und verwitterte Flanke des Nadelhornes, wo dichte Nebelbänke umherstreichen. Wie viele Stunden sind wir wohl hier drinnen gefangen? Und wie hier herauskommen, wenn uns die Wolken am Weissmies ein Gewitter heranbringen? Aber der Schnee ist ausgezeichnet. Ein schwacher Fusshieb, manchmal zwei, schaffen eine gute Stufe. Ich steige ganz gerade auf, wie auf einer 50 Grad geneigten Leiter. Nach dreissig Metern stecke ich den Pickelschaft ein bis zur Haue, und dann steigen die zwei folgenden zusammen an. Otpal gibt mir seinen Pickel herüber, und ich fahre so fort. Zweimal. Fünfmal. Durch eine Lücke zwischen zwei Wolkenbänken erzeugt die Sonne ein leuchtendes Band quer durch die Wand. Das Band verbreitert sich und beleuchtet den Gipfel. Noch zwei Längen. Allmählich kommt der Sonnenschein bis zu uns herunter, umfängt uns einen nach dem andern, so wie wir gestaffelt auf dem Hang stehen. Lächeln erhellen die Gesichter, und Freudenrufe ertönen. Die Schneeschicht ist dünner geworden. Zur Sicherung hat der Pickel der Eisschraube Platz gemacht. Auf der höchsten Stufe sitzend, mit Blick talwärts, ziehe ich langsam das Seil nach, welches durch einen Karabinerhaken hinter mir läuft, und geniesse die Besteigung in vollen Zügen. Die vier Seilschaften steigen planmässig auf der gigantischen Leiter an. Die Sonne hat alles erfasst, alles milder gestimmt. Der Berg hat sich uns erschlossen. Bei jeder Seillänge scheint sich die konkave Wand jedoch zu vergrössern; sie ist breiter und steiler, als sie vom Bergschrund aus erschien. Aber der Himmel, der Schnee und unsere Gangart versprechen Erfolg. Meine Hoffnung steigt, während meine Augen fasziniert dem einheitlichen Hang bis zu den Konturen der schneeigen Grate folgen. Berger nimmt die Spitze ein. Er steigt auf allen vieren an, indem er mit einer Hand seinen kleinen Pickel und mit der andern Hand eine Art Spiess hält, den er gefunden hat und welchen er mit einem Faustschlag in das unter der Oberfläche befindliche Eis einschlägt. Hinten geht die Besteigung ganz ruhig und nicht weniger schön vor sich. Der Schnee bildet nur noch lange, schmale und vertikale Streifen auf dem blanken Eis. Wenn Jean-Claude der Schnee, dem wir folgen, zu dünn erscheint, so schlägt er einige Tritte nach rechts, um das nächstliegende Band zu erreichen. Weiter oben kommt er nach links zurück; dann versucht er es auf anderen Schneebändern, indem er jede Länge mit einer Eisschraube markiert. - Wie geht 's bei der Nachhut? - Prächtig... Ganze Sicherheit... Noch nie eine so schöne Eisbesteigung gemacht. Der Hang wird steiler. Er misst 55 Grad, und noch Steileres erwartet uns. Die zweite Seilschaft übernimmt die Führung und führt in guter Gangart. Aber die Schneebänder verringern sich und haften nicht mehr gut auf dem Eis. Noch eine Länge auf den Spitzen der Steigeisen: es geht nicht mehr, man muss sich dazu entschliessen, alles zu hacken. Mit schmeichelhaften Worten über meine Erfahrung lässt mir jeder höflich den Vortritt... Also dann, vorwärts mit der Pickelarbeit! Damit die Stufen nicht unter den Steigeisen einer solchen Kolonne ausbrechen, muss man sie tief hacken. Das Eis liegt frei, ist sehr hart, und ich muss mit kräftigen Schlägen arbeiten. Zur Einsparung von Stufen steige ich gerade auf, aber man lässt mich bald wissen, dass man die Eissplitter, welche auf die Helme oder auf die Nasen prallen, nicht sehr schätzt. Wir sind fünf, vielleicht noch vier Längen vom Gratfirst entfernt. Ich steige schräg an, indem ich die Stufen auf das Maximum distanziere. Manchmal sehe ich zurück, um mich über diese acht Burschen krank zu lachen, welche im Schweisse ihres Angesichts von einer Stufe zur andern schreiten. Ihre Kommentare bleiben nicht aus: - Du vergisst, dass die Bergbahnen Schmalspur haben... - Ein Muster, um uns den Rest zu geben! Nebelbänke schweben um die Wand. In der schrägen Sicht auf den Hang, welcher hier 60 Grad erreicht, sind die vier Seilschaften winzig klein in der weissen Unendlichkeit und der phantastischen und dunstigen Weite. Ein Traum von Eis! Endlich richte ich mich auf dem Grat auf, ein wenig rechts vom höchsten Punkt. Mein Sohn holt mich ein, und sein Lächeln strahlt noch mehr als das meine. Der Tag ist noch nicht zu Ende. Der Nebel schliesst uns auf dem Gipfel ein. Wir gehen daran, gegen den Wind zu kämpfen auf dem Schneegrat des Nadeljoches, zu kämpfen gegen die Müdigkeit auf den verschneiten Gendarmen, welche zum Nadelhorn führen, zu kämpfen gegen die Nervosität beim langen Abstieg des Windjoches. Für mich aber erfüllte sich die Tour dort, wo wir mit strahlenden Mienen aus der Wand in den freien Himmel ausstiegen. ( Übersetzung Jakob Meier )
Ajouté 11 sept 2025
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Created: 11 Sept 2025 Last modified: 21 Sept 2025
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